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	<title>Archives des Projet Procès - Dessinez Créez Liberté</title>
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		<title>« Ceux qui ont été confrontés à la mort sont seuls, même s’ils semblent très entourés. »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Dec 2020 15:31:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Riss et Yannick Haenel A la veille du verdict des attentats de janvier 2015 et pour clôturer le...</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/12/ceux-qui-ont-ete-confrontes-a-la-mort-sont-seuls-meme-sils-semblent-tres-entoures/">« Ceux qui ont été confrontés à la mort sont seuls, même s’ils semblent très entourés. »</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Rencontre avec Riss et Yannick Haenel </h2>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220-1024x782.jpeg" alt="" class="wp-image-21592" width="768" height="587" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220-1024x782.jpeg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220-768x586.jpeg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220-2048x1563.jpeg 2048w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220-1100x840.jpeg 1100w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p><strong>A la veille du verdict des attentats de janvier 2015 et pour clôturer le parcours pédagogique débuté il y a presque un an, DCL a organisé une rencontre avec Riss, le directeur de publication de Charlie Hebdo et l’écrivain Yannick Haenel qui a couvert tout le procès pour le journal, soit 54 audiences, étalées sur presque 4 mois. Une rencontre fertile et philosophique durant laquelle il fut surtout question de liberté.</strong> </p>



<p><em>«&nbsp;La satire est une tradition tr</em><em>è</em><em>s ancienne dans ce pays, </em>souligne le proviseur de
l’établissement, en guise d’introduction,
<em>ce n</em><em>’</em><em>est
pas quelque chose qui est sorti comme un diable de sa boite aujourd</em><em>’</em><em>hui. Samuel Paty
n</em><em>’</em><em>a
fait aucune erreur.&nbsp;</em>»</p>



<p>Riss et Yannick Haenel demandent aux lycéens ce qui les a le plus marqués durant ce procès. Pour certains, ce sont les témoignages des familles des victimes et le dispositif de sécurité déployé, pour d’autres l’arrivée des accusés dans la salle d’audience, menottés et surveillés par des agents au visage cagoulé. </p>



<p>Puis les élèves ont interrogé les invités. </p>



<p><strong>Comment vous sentiez-vous lors de ce
procès ?</strong><strong></strong></p>



<p><strong>Riss </strong>: le moment que j’attendais le plus, c’était celui de la parole donnée aux accusés. Je ne savais pas qui étaient ces types. Pendant 5 ans, on nous avait répété qu’il s’agissait de petits mecs sans importance, de «&nbsp;<em>seconds couteaux</em>&nbsp;», puisque les auteurs principaux avaient été tués. Mais au procès, on a progressivement découvert ces protagonistes : leur manière de parler, de raisonner, leur personnalité. Et puis, tout doucement, nous avons commencé comprendre comment les choses s’étaient passées, qui était qui, qui a fait quoi, les liens qu&#8217;ils avaient entre eux. J’ai découvert comment on organise un attentat par étapes. Car ce qu’ils ont commis, chacun à leur niveau, c’est un geste politique pour installer un climat de terreur.</p>



<p><strong>Yannick Haenel </strong>: ce qui m’a frappé, c’est l’aspect à priori inextricable et labyrinthique de l’affaire. Mais peu à peu, nous avons assisté de façon passionnée et passionnante à quelque chose qui s’imbrique dans les préparatifs de ce crime abominable. On croit toujours quand on est enfant que le mal est très spectaculaire, effroyable, qu’il est une créature de l&#8217;au-delà venue pour nous terroriser. Alors qu’en fait, le mal c&#8217;est très plat. Plus que la «&nbsp;banalité du mal&nbsp;», concept cher à Hannah Arendt, c’est la platitude du mal, dénué de tout aura, qui m’a interrogé : des histoires de téléphones cassés, de puces coupées en deux, de lieux sordides et insalubres… Ce fut un déferlement de mensonges de supposés petits truands sans envergure, parfois presque pittoresque ou «&nbsp;rigolos&nbsp;», mais qui, a un moment donné, participent à quelque chose d’énorme et de criminel. Et dans toute cette nébuleuse, lesquels voulaient vraiment tuer des dessinateurs ou des Juifs pour des raisons idéologiques ? Quand Coulibaly dit aux otages de l’Hyper Cacher «&nbsp;vous êtes ce que je déteste le plus au monde, vous êtes juif et français », il y a l&#8217;antisémitisme mais il y a également la détestation du monde dans lequel on vit. </p>



<p>Islam politique, pulsion de mort, emprise du fanatisme, rapport pathologique au divin, principe de laïcité… un long échange philosophique s’en est suivi avec les élèves autour du rapport à dieu, du basculement intégriste, de l’émancipation des individus et de l’émergence de l’esprit critique.</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_rencontre_Riss_Y.Henael_151220.jpeg" alt="" class="wp-image-21594" width="768" height="576" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_rencontre_Riss_Y.Henael_151220.jpeg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_rencontre_Riss_Y.Henael_151220-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption> Yannick Haenel et Riss le 15 décembre 2020. </figcaption></figure>



<p><strong>Cela a l</strong><strong>’</strong><strong>air simple sur le papier mais quand on
grandit dans certaines familles, techniquement, c</strong><strong>’</strong><strong>est plus difficile de réfléchir par
soi-même et de développer son esprit critique. </strong><strong></strong></p>



<p><strong>Riss </strong>: pourtant, dire non, c&#8217;est s&#8217;assumer et devenir un adulte dans la société, sinon on reste un enfant toute sa vie. </p>



<p><strong>Mais comment faire pour devenir cet
adulte libre et débarrassé du poids familial ? </strong><strong></strong></p>



<p><strong>Riss </strong>: ce que vous faites, aller à l’école. </p>



<p><strong>Yannick Haenel</strong> : moi, quand je vais à ce procès, je continue d’aller à l’école. Nous sommes à l&#8217;école de quelque chose tout le temps, à l&#8217;école des autres.</p>



<p><strong>Riss</strong> : le sacré, il faut pouvoir en rire et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on en rit qu’il n’est plus rien, bien au contraire. Tout le projet initial de Charlie Hebdo, c&#8217;est l’autodérision. On peut croire en quelque chose très fortement pour soi et être capable de se foutre de sa propre gueule. Si cela devient un interdit, et bien il ne s’agit tout simplement plus de sacré, c&#8217;est du toc, et c’est là que commence le fanatisme. J’ai fait des reportages partout dans le monde, et je me suis aperçu que tout le monde a envie de rire à un moment ou à un autre, même dans des sociétés un corsetées par des règles strictes. Le rire est inhérent à toutes les cultures. En cela, <em>Charlie Hebdo</em> est un journal universaliste qui réconcilie le rire et la réflexion. C’est un journal inscrit dans la tradition des Lumières, celle de l&#8217;émancipation, des libertés individuelles, et donc bien sûr celle de la liberté d&#8217;expression. </p>



<p>La discussion s’ouvre alors sur la
liberté, réelle ou supposée, accordée
par les réseaux sociaux. Comment ces lycéens s’informent-t-ils ? Quelle fenêtre sur
le monde privilégier dans ce flot d’informations
et de désinformations continues, qui n’a jamais été aussi dense à l’échelle
de l’humanité
? Comment être soi et ne pas se laisser «&nbsp;bouffer par la connerie ou la
banalité ambiante&nbsp;»
? Comment s’informer
à l’ère de twitter ?&nbsp; Les lycéens s’accordent pour dire que
les réseaux sociaux limitent l&#8217;expression car lorsqu’on est restreint à 140
signes, on limite nécessairement sa pensée. </p>



<p><strong>Riss</strong> : il faut, en effet, distinguer réflexion, construction de la pensée, opinion ou bavardage.&nbsp; Que signifie prendre la parole ? Ai-je vraiment quelque chose d’intéressant à dire ? Est-ce que cela apporte vraiment quelque chose au débat ? Pour moi, on ne trouve pas vraiment d’éléments innovants ou enrichissants sur ces réseaux numériques. </p>



<p><strong>Pouvons-nous vous poser une question
plus intime ? Vous ne nous avez pas parlé de ce que vous avez ressenti
émotionnellement au cours de ce procès…</strong><strong></strong></p>



<p><strong>Yannick Haenel</strong> : … sans doute par pudeur. Les témoignages de tous ceux qui étaient sur les lieux des crimes et qui ont survécu, ont été un choc pour moi. Il ne s’agit pas seulement des émotions qui nous submergent, il s’agit du rapport véritable à ce qu’il en est d’être, d’exister. J&#8217;ai rarement assisté à des choses aussi intenses. Il faut se méfier des émotions parce que c&#8217;est le contraire de l&#8217;information, mais parfois il ne faut pas s&#8217;en priver, c&#8217;est aussi de l&#8217;empathie. Il faut savoir qui on aime, ce que l’on peut aimer dans la vie et qui et quoi il vaut mieux ne pas aimer.</p>



<p><strong>Riss</strong> :&nbsp; pendant ces 5 dernières années, c’était difficile d’accompagner les familles des victimes et leur quête tragique pour approcher les derniers instants de leur proche. Une quête impossible à satisfaire, par peur de se tromper, par peur d’oublier des éléments dans le chaos. La mort est un moment ultime et inatteignable, comme l&#8217;horizon. Vous avez beau vous en approcher, il est toujours repoussé au loin.&nbsp; J’ai découvert des familles dans les pires circonstances qui soient, et que peut-on leur dire ? Comment aider quelqu&#8217;un dans la peine ? J’ai eu souvent l&#8217;impression que tout ce que je pouvais exprimer ne servait à rien. Avec les autres victimes, c&#8217;était plus facile, et au procès, j’ai pu parler avec des gens avec lesquels je n&#8217;avais jamais discuté. Ceux qui ont été confrontés à la mort sont seuls, même s’ils semblent très entourés.</p>



<p><strong>Yannick Haenel</strong> : ce procès, outre le fait qu&#8217;il cherche une vérité judiciaire criminelle, a également servi à à celles qui sont venus parler, parties civiles et victimes, à sortir de cette solitude, si tant est que l’on puisse en sortir. Ces personnes forment une communauté très étrange, une communauté de fragilités. J&#8217;étais là comme témoin pour Charlie, témoin des témoins en quelque sorte, avec toute la peur de raconter des conneries, de mal choisir les mots, d&#8217;être indélicat, et je dois dire que de rendre compte de tout cela, de restituer de tels moments est quelque chose de précieux. Cette institution, la justice, est utile et je ne m&#8217;en étais jamais rendu compte à ce point. Elle sert non seulement à trouver le coupable et à établir des responsabilités mais aussi à autre chose, de plus grand et de plus humain : à parler. Cela nous sauve, tout simplement. En cadeau, les élèves avaient préparé des plaidoiries pour défendre des journalistes incarcérés en Algérie, au Maroc, au Moyen-Orient ou en Chine, et pour défendre la liberté d’expression : <em>«&nbsp;Monsieur le Président, mesdames et messieurs les jurés. Aujourd’hui encore les Droits de l&#8217;Homme sont constamment violés en Arabie Saoudite et dans le monde, c&#8217;est pourquoi je vous demande quelques minutes d&#8217;attention pour faire entendre la voix de Raif Badawi…</em>&nbsp;», ainsi commence la lecture de deux lycéennes en clôture du projet de DCL.</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_projet_procès_151220_Dedicace.jpeg" alt="" class="wp-image-21593" width="576" height="768"/><figcaption>Riss et Yannick Haenel dédicacent des exemplaires de Charlie Hebdo et des ouvrages au CDI. </figcaption></figure>



<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Je me sens plus un survivant qu’une victime ou un rescapé »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 16:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Simon Fieschi, partie civile. Le 13 octobre dernier, notre groupe de lycéens a rencontré Simon Fieschi, ancien webmaster...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Rencontre avec Simon Fieschi, partie civile.</h2>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1181" height="1572" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-02-Boucq-Simon.jpg" alt="" class="wp-image-21541" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-02-Boucq-Simon.jpg 1181w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-02-Boucq-Simon-769x1024.jpg 769w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-02-Boucq-Simon-768x1022.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-02-Boucq-Simon-1100x1464.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1181px) 100vw, 1181px" /><figcaption>Le portrait de Simon au procès © Boucq / Charlie Hebdo</figcaption></figure>



<p><strong>Le 13 octobre dernier, notre groupe de lycéens a rencontré Simon Fieschi, ancien webmaster à Charlie hebdo, membre de DCL et partie civile au procès des attentats de janvier 2015. Touché le premier par les balles des frères Kouachi dans les locaux du journal, il a déposé devant la cour début septembre. </strong></p>



<p>La rencontre avec Simon Fieschi débute par le décryptage d’un dessin de Charb paru le 30 octobre 2013 dans les pages de Charlie Hebdo. Un dessin qui fit polémique et fut taxé de raciste, alors qu’il dénonçait, au contraire, le racisme dont Christiane Taubira était victime. Après un premier échange sur le dessin en question, l’association diffuse <a rel="noreferrer noopener" aria-label="sa vidéo pédagogique « Raciste/Pas raciste » (opens in a new tab)" href="https://www.youtube.com/watch?reload=9&amp;v=0NRUiHOUNV8&amp;t=1s" target="_blank">sa vidéo pédagogique « Raciste / Pas raciste »</a>  qui donne toutes les clés de lecture de cette caricature et alerte sur les fake images qui circulent sur Internet. </p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="517" height="623" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1115-16-Charb-TaubiraFN-copie-1-e1606916473667.jpg" alt="" class="wp-image-21556"/><figcaption>Dessin de Charb « Rassemblement Bleu Raciste » / © Charb, paru le 30 octobre 2013 dans Charlie Hebdo</figcaption></figure>



<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=0NRUiHOUNV8">Raciste/PasRaciste &#8211; décrypter un dessin de presse &#8211; YouTube</a></p>



<p>« Je peux vous dire que ce dessin a compliqué ma semaine, commente Simon qui gère, à l’époque, les réseaux sociaux de l’hebdomadaire, nous avons été inondés de mails et de tweet  qui nous accusaient de racisme. Un comble…Mais à Charlie nous faisons le pari de l&#8217;intelligence du lecteur. Ce dessin est subtil : c’est un dessin politique qui nécessite d’être au courant de l’actualité pour être compris. Encore faut-il qu’il circule dans son intégralité, or il circulait sans le titre et sans le logo du Front national le rendant dès lors totalement incompréhensible…Un détournement destiné à manipuler les esprits et à cibler le journal. »<br> Après cette entrée en matière, les élèves le questionnent. </p>



<p><strong>Comment avez-vous intégré la rédaction de Charlie Hebdo ? </strong><br> J’ai eu mon bac Littéraire, de justesse parce que j’étais intéressé par à peu près tout sauf ce que l’on m’enseignait, puis j’ai effectué un an de service civique : je voulais servir la communauté et identifier l’endroit où je pouvais être utile. Ensuite, je suis rentré à l’université où tout m’intéressait. J’ai donc fait 5 ans d’histoire, dont une année de recherche sur la gendarmerie nationale. J’ai d’ailleurs essayé d’y entrer, car il était notamment question qu’elle me finance mon doctorat. Mais ils n’ont pas voulu de moi. Alors que je cherchais du boulot, un ami m’a indiqué que Charlie Hebdo recrutait quelqu’un pour s’occuper de leur site internet. J’ai toujours aimé ce journal et son humour un peu trash. D’ailleurs, moi-même, j’ai souvent des tas d’ennuis dans la vie parce que je peux faire la pire blague possible, au pire moment, à la pire personne au monde. Il y a très peu d’endroit où cette faculté est considérée comme une compétence professionnelle que l’on peut mettre en valeur et pour laquelle on peut être payé. Bref, ils m’ont embauché. J’ai mis du temps à leur avouer que j’avais postulé à la gendarmerie nationale car Charlie est aussi antimilitariste. J’ai attendu la fin de ma période d’essai pour le dire.</p>



<p><strong>Quelles compétences aviez-vous en numérique ? </strong><br> Très peu ! Je dirais donc que &#8211; et c’est un conseil que l’Éducation nationale ne peut pas vous donner officiellement &#8211; un entretien d’embauche ressemble un peu à la drague : il ne faut pas dire que la vérité. En revanche, ensuite, il faut rattraper le coup et être à la hauteur des mensonges que l’on a prononcés. J’ai donc effectué beaucoup d’heures sup ’ nocturnes pour apprendre ce que j’avais fait semblant de savoir.&#8221;</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous parler du 7 janvier 2015 ?</strong><br> J’ai pris une balle le jour de l’attaque, voilà pourquoi je marche avec une béquille devant vous. Pour nous, c’était un mercredi comme les autres, le jour de la conférence de rédaction : Nous n’avons rien vu venir. Angélique et Coco sont descendues fumer une cigarette. Les deux terroristes ont pris Coco en otage en la menaçant avec une mitraillette, ils l’ont faite monter l’étage des locaux, l’ont forcée à faire le code… puis ils sont rentrés dans les bureaux. Le mien est le premier à l’entrée : ils m’ont tiré dessus. Ma moelle épinière a été touchée. J’ai passé presque un an à l&#8217;hôpital, en rééducation, puis un an encore en hôpital de jour. Que dire d’autre ? Je préfère que vous me posiez des questions, cela m’aide à résumer les choses…</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="711" height="534" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Tof-Simon-Fieschi-Diderot.jpeg" alt="" class="wp-image-21542"/><figcaption>Photo de Simon dans la classe</figcaption></figure>



<p><strong>Lors de votre déposition à la barre, vous avez tenu à faire une distinction entre les termes « rescapé », « survivant » et « victime ».  Pourquoi ? </strong><br> Au procès, j’avais besoin de clarifier ces notions. Pour moi, « victime » c’est un terme juridique. C’est quelqu’un à qui il est arrivé quelque chose et à qui on concède des droits. Précisément, nous sommes dits « victimes civiles de guerre », c’est-à-dire que l’État nous met au même plan que des soldats blessés au front et qui se sont battus pour leur pays. Moi, je ne me suis pas battu pour mon pays mais j’ai été attaqué parce que j’étais français. Le terme « victime » m’arrange parfois, mais je ne l’aime pas énormément car il est plaintif, passif, et ce n’est pas terrible de se vivre ainsi. Je dirais que cela aide d’avoir un statut, mais c’est aussi une idée qui peut faire que vous restez au lit chez vous jusqu&#8217;à la fin de votre vie. <br> « Rescapé » est un mot qui me dérange. Dans son étymologie, on dirait que l’on a échappé à ce qu’il s’est passé alors que j’ai, certes, échappé à la mort &#8211; même si ce n’est que provisoire &#8211; mais je n’ai pas échappé à l’attentat. D’ailleurs, aucun des membres de la rédaction n’a échappé à l’attentat. Notre vie ne sera plus jamais la même. J’ai toujours eu l’impression que les gens employaient ce terme de « rescapé » pour se rassurer eux-mêmes.<br> Le mot « survivant » me parait plus juste techniquement. J&#8217;ai survécu alors que je n’étais pas censé survivre ni remarcher un jour. C’est presque miraculeux pour moi. « Survivant » n’est ni positif, ni négatif, il décrit juste un fait. Et puis, il y a « vivant » dedans. Cela me plaît.</p>



<p><strong>À la barre, vous avez commencé votre témoignage par « je vais vous dire ce que fait une balle de kalachnikov », pourquoi ? </strong><br> Je suis venu à la barre pour dire tout ce que j’avais gardé pour moi pendant ces années, par pudeur ou parce que je n’avais pas osé répondre à certaines questions. Au moment où la justice fait son travail, c&#8217;est important de dire les choses publiquement, d&#8217;un seul coup et à tout le monde. La défense des accusés est de prétendre qu’ils ne sont pas des terroristes mais des délinquants de droit commun, c’est pourquoi je tenais à préciser les conséquences d’une balle d’arme de guerre dans le corps, qu’elle soit terroriste ou le résultat d’un simple braquage. Ce sera à la justice de définir qui savait quoi, qui a fait quoi, mais pour résumer mon message est le suivant : si vous vendez ou faites circuler des armes, voilà ce qui peut advenir. <br> A lire : <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://charliehebdo.fr/2020/10/societe/se-reveiller-dans-un-sarcophage-en-janvier-2015/ (opens in a new tab)" href="https://charliehebdo.fr/2020/10/societe/se-reveiller-dans-un-sarcophage-en-janvier-2015/" target="_blank"><strong>https://charliehebdo.fr/2020/10/societe/se-reveiller-dans-un-sarcophage-en-janvier-2015/</strong></a></p>



<p>Simon demande aux élèves ce qu&#8217;ils ont pensé de la déposition de Christophe Raumel à laquelle ils ont assisté. « Il s&#8217;embrouille dans ses explications », lui répond un élève. « Est-ce que cela signifie qu&#8217;il est coupable ? » interroge Simon. « Non pas forcément », affirment les lycéens. <br>
 « En tout cas, poursuit Simon, il y a bien eu un acte terroriste d&#8217;une extraordinaire gravité et des gens qui l’ont rendu possible, en obtenant des armes, des voitures, de l’argent, des planques, etc. Les accusés, dans le box, sont soupçonnés, à des degrés divers, d&#8217;y avoir participé. Soit, ils sont innocents et en prison depuis 5 ans et il faut donc qu&#8217;ils sortent. Soit, ils sont coupables et il n’y a aucune punition en notre possession, rien que notre État de droit ne puisse faire et qui soit à la mesure du crime qu&#8217;ils ont commis ou auquel ils ont participé. Si je n&#8217;étais pas concerné directement, si je n&#8217;avais pas pris deux balles, si je n&#8217;avais pas perdu des gens que j&#8217;aimais et que j&#8217;admirais, j&#8217;essaierais peut-être de voir les choses autrement. <br>
Il y a une grande différence entre les opinions et les principes. Des opinions, nous en avons tous, sur des tas de sujets. En revanche, les principes, ce sont les opinions que nous conservons même si elles entrent en conflit avec nos intérêts. Je me rends compte qu’en ce moment, je ne sais plus ce qui relève de mes principes ou de mes opinions. Je ne souhaite pas du bien aux personnes qui sont dans ce box. Je ne suis pas un fou du concept de vengeance mais j’ai un désir de justice. »</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/12/je-me-sens-plus-un-survivant-quune-victime-ou-un-rescape/">« Je me sens plus un survivant qu’une victime ou un rescapé »</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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		<title>« Au procès des attentats, je vais défendre une idée : la liberté »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 11:07:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Maître Richard Malka Le 6 octobre dernier, après avoir suivi l’interrogatoire de Christophe Raumel au Tribunal et rencontré...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Rencontre avec Maître Richard Malka</h2>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1241" height="1654" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/MALKA-montage-TITRE.jpg" alt="" class="wp-image-21513" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/MALKA-montage-TITRE.jpg 1241w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/MALKA-montage-TITRE-768x1024.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/MALKA-montage-TITRE-1100x1466.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1241px) 100vw, 1241px" /><figcaption>Maître Malka, avocat de Charlie Hebdo par Cabu. © V. CABUT</figcaption></figure>



<p><strong>Le 6 octobre dernier, après avoir suivi l’interrogatoire de Christophe Raumel au Tribunal et rencontré Marion Hebert, vice-procureure de la République, les lycéens ont interviewé Richard Malka, l’avocat de </strong><em><strong>Charlie Hebdo</strong></em><strong>. </strong></p>



<p><strong><em>Comment devient-on avocat ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>C’est un parcours assez classique :
vous passez votre bac, vous faites 4 ans de droit à la fac, vous réussissez
l’examen pour entrer à l’école des avocats, vous faites des stages et enfin,
vous trouvez une collaboration dans un cabinet. C’est peut-être plus difficile
aujourd’hui qu’à mon époque, mais ce n’est pas impossible du tout. Je suis
devenu avocat très jeune parce qu’on n’avait pas beaucoup d’argent à la maison
et qu’il fallait travailler. </p>



<p><strong><em>Qu’aimez-vous dans ce métier ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Ce qui est magnifique, c’est qu’il y a
mille et une manières de l’exercer, selon le caractère et les priorités de
chacun. Vous pouvez être avocat en droit des affaires, en droit fiscal, en
droit du travail, en droit de l’environnement, en droit des enfants. Vous
pouvez être en contact avec ce qu’il y a de plus douloureux dans la vie : les
crimes, les divorces, les licenciements. Vous pouvez ne jamais plaider de votre
vie ou plaider tous les jours. </p>



<p>Moi, j’ai choisi le droit de la presse
car on est en contact avec l’actualité. Je défends donc des journaux, des éditeurs, des
producteurs TV, des écrivains, des rappeurs…bref tout ce qui relève de la liberté d’expression.
Mon travail c’est
de lire des livres, des articles avant publication, etc. C’est passionnant : ça
vous oblige à réfléchir à tous les débats de société et aux sujets qui font
polémiques.</p>



<p><strong><em>Pourquoi avez-vous décidé de devenir
l’avocat de Charlie ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Je suis devenu avocat en 1992, l’année
même où <em>Charlie Hebdo</em> était relancé. Ce n’est pas moi qui suis allé les
chercher, c’est l’équipe qui m’a sollicité. Au départ, ce n’est pas du tout un
engagement politique, c’est du droit de la presse. Je défends la liberté
d’expression donc je défends ceux qui sont à l’œuvre dans ce domaine-là. Avec <em>Charlie</em>,
c’est une longue histoire qui dure depuis près de 30 ans avec des moments
drôles, forts… et des tragédies. </p>



<p><strong><em>Avez-vous déjà plaidé pour des gens
dont les actions vont à l’encontre de vos principes ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Oui, bien sûr. Un avocat, ça ne défend pas uniquement ceux avec qui il est d’accord. Au début de ma carrière j’ai fait du pénal, j’ai donc défendu des voleurs, des agresseurs, des escrocs… mais ça ne me heurtait pas au point de ne pas pouvoir les défendre. <strong>Tout le monde a le droit à un avocat </strong>: il y a toujours quelque chose à défendre chez un être humain, même chez le pire des êtres humains. On essaie d’expliquer, pas d’excuser.</p>



<p>En revanche, il y a tout un domaine de
délits et de crimes que je ne pourrai pas défendre : tout ce qui est sexuel
comme la pédophilie et les viols. Je n’y arriverai pas, précisément parce que
ça heurte trop ma morale. Je préfère laisser ces affaires à des avocats plus à
l’aise avec ça. On a tous nos zones de confort et d’inconfort. Aujourd’hui, en
matière de droit de la presse, je ne pourrai pas non plus défendre un nazi, un
raciste ou un antisémite, sauf s’il fait amende honorable.</p>



<p><strong><em>Au lycée, dans le cadre du cours, on
doit écrire une plaidoirie et défendre un journaliste ou quelqu’un qui se bat
pour la liberté d’expression. Quels conseils nous donneriez-vous pour rédiger ces
plaidoiries ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Le travail de l’avocat, c’est de
convaincre et de gagner. Peu importe que ce soit bien écrit, il faut simplement
que ça sonne juste, que vous trouviez les bons mots, qu’ils vous portent et
aient l’impact psychologique que vous recherchez. On n’écrit pas pour se faire
plaisir, on le fait pour l’autre : c’est une générosité calculée. Pour moi qui
suis un besogneux, écrire mes plaidoiries me demande un gros travail de
préparation. Je réfléchis à chaque mot pour toucher les personnes que je
cherche à persuader, pour produire l’effet que je recherche. </p>



<p><strong><em>Au procès des attentats de janvier
2015, vous défendez le titre </em></strong><strong>Charlie
Hebdo<em>. Qu’allez-vous mettre dans votre plaidoirie ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>C’est probablement la plaidoirie la
plus compliquée que j’aurai à prononcer de ma vie parce que je n’ai pas la
distance que j’ai habituellement. Là, ce sont des amis depuis toujours et c’est
très étrange d’être à la fois avocat, témoin et partie prenante. Ce qui est
encore plus compliqué, c’est que je n’ai rien à demander à cette juridiction.
Les assassins sont morts et le sort des 12 personnes qui sont jugées
m’indiffèrent en grande partie. Mon enjeu est de faire vivre la liberté
d’expression et ce pourquoi ces personnes sont mortes, de dire ce que
représente ce journal et ce qu’on a essayé de tuer en assassinant ses
dessinateurs et ses intellectuels.</p>



<p>Ce n’est pas vraiment une plaidoirie,
mais plutôt une tribune. Je ne défends personne, je vais donc défendre une idée
: la liberté.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2016" height="1146" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/2-IMG_8679.jpg" alt="" class="wp-image-21514" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/2-IMG_8679.jpg 2016w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/2-IMG_8679-1024x582.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/2-IMG_8679-768x437.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/2-IMG_8679-1100x625.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 2016px) 100vw, 2016px" /><figcaption>Rencontre avec Maître Malka, 6 octobre 2020. </figcaption></figure>



<p><strong><em>Pourquoi avoir accepté de défendre
Mila ? </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Parce qu’elle n’a absolument rien fait
de mal. Sur sa chaîne YouTube, elle discutait avec ses abonnés de choses et
d’autres, et notamment de préférences amoureuses. Une de ses abonnées qui est
lesbienne, comme elle, affirmait ne pas être attirée par les filles
«&nbsp;rebeus&nbsp;». Mila lui a répondu : «&nbsp;pareil pour moi, pas mon
style&nbsp;». L’un des internautes qui se dit musulman se met à la draguer très
lourdement sur son homosexualité. Mila le rejette. Elle est alors accusée
d’être raciste et reçoit des insultes lesbophobes et misogynes, ce qui est un
délit.</p>



<p>Le sujet se détourne ensuite sur la
religion. Mila dit «&nbsp;rejeter toutes les religions&nbsp;» et n’être
«&nbsp;pas du tout raciste, puisqu’on ne peut pas être raciste envers une
religion&nbsp;». Et elle a totalement raison : la religion est une idée, une
croyance comme une autre, qu’on peut remettre en cause. En revanche, on peut
être raciste envers des personnes en raison de leur religion. C’est une nuance
qui change tout. </p>



<p>Sauf que les insultes ont continué de pleuvoir. Le lendemain, elle poste une story où elle critique l’Islam et déclare : «&nbsp;je déteste la religion (…) Le Coran, il n’y a que de la haine là-dedans, votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, aurevoir !&nbsp;». Son langage peut heurter, mais elle fait usage de sa liberté de conscience et d’expression, et elle ne commet surtout aucun délit. Elle a le droit de penser que les religions c’est de la merde. Elle ne dit pas «&nbsp;les musulmans sont des merdes !&nbsp;». Elle n’incite pas à la haine de croyants. Pourtant, elle va subir un déferlement de menaces de mort. Elle vit désormais cachée, loin de tout, et a dû changer de lycée. Sa vie est un enfer : il n’y a pas une journée où elle ne reçoit pas des messages lui promettant d’être étranglée, décapitée et violée. Mila a votre âge et elle n’est coupable de rien !<strong> En France, on s’est battu pour se débarrasser du respect envers Dieu. On peut blasphémer autant qu’on veut, cela n’a rien d’illégal.</strong> </p>



<p>Et je tenais à vous rappeler que deux
personnes ont été très lourdement condamnées à des peines de prison pour avoir
posté ces menaces de mort. Et tous ceux qui l’ont fait vont être poursuivis. Ce
n’est pas parce qu’on est sur Internet, qu’on a le droit de tout dire.</p>



<p><strong><em>Donc Mila peut insulter l’Islam, mais
le rappeur Freeze Corleone n’a pas le droit de chanter ses textes librement ?</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Je n’ai pas suivi cette affaire
personnellement. Mais si j’ai bien compris, il chante «&nbsp;Je suis déterminé
comme Hitler dans les années 1930&nbsp;», «&nbsp;Rien à foutre de la
Shoah&nbsp;», «&nbsp;j’ai les techniques de propagande de Goebbels&nbsp;»,
«&nbsp;je veux que nos enfants vivent comme des rentiers juifs&nbsp;» …</p>



<p>Déjà les mots ont un sens et des
conséquences : avant la violence et les génocides, il y a toujours les mots.
D’abord on chante, ensuite on tue ? </p>



<p>Ensuite, dès qu’on réduit «&nbsp;les
Juifs&nbsp;» ou «&nbsp;les Noirs&nbsp;» ou «&nbsp;les Arabes&nbsp;» à un groupe
qui serait homogène, il y a un problème. On n’est ni comme ci, ni comme ça
parce qu’on est noir ou homosexuel. </p>



<p>Ensuite, en faisant la promotion dans
un même album de Hitler, de Goebbels, des rentiers juifs, son discours commence
à être transparent…</p>



<p>Pour autant, je ne sais pas s’il sera condamné ou pas : ça nécessite une fine appréciation de la part des juges. Lui aussi est présumé innocent. Mais ce n’est pas la même chose que Mila qui, elle, ne s’en prend jamais aux personnes, elle s’en prend aux croyances et au religions. En revanche,<strong> la Shoah, ce n’est pas une croyance, c’est un fait historique</strong>. Freeze Corleone évoque des gens réels et des évènements historiques dramatiques: l’extermination de millions de Juifs d’Europe par les nazis. </p>



<p><strong><em>Freeze Corleone va-t-il être condamné ?</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Est-ce qu’il faut ou non interdire ce
type de propos, c’est une vraie question. Ça fait 30 ans que je suis dans ce domaine,
et je n’en sais toujours rien. Aux États-Unis, on peut tout exprimer : vous
pouvez défiler avec des croix gammées dans la rue, revendiquer votre
antisémitisme et crier haut et fort que vous êtes raciste. Là-bas, les textes
de Freeze Corleone ne seraient pas poursuivis parce qu’on considère que la
liberté d’expression est au-dessus de tout. Mais les Américains n’ont pas connu
la Shoah sur leur territoire. </p>



<p>En France, culturellement, c’est
impossible d’accepter des discours ouvertement racistes et antisémites parce
que l’Holocauste est lié à son histoire. A l’origine, la loi Gayssot, la
première loi mémorielle française, qui pénalise tout acte ou propos raciste,
antisémite ou xénophobe et qui condamne le négationnisme n’était pas faite pour
durer. Elle a été votée parce qu’en France, il y avait des survivants des camps
d’extermination et c’était insupportable pour elles d’être exposées à des
discours du type «&nbsp;les camps n’ont jamais existé&nbsp;». Le problème,
c’est qu’une fois qu’une loi est votée, c’est difficile de revenir en arrière.
Je ne vois pas qui prendrait la responsabilité d’annuler une telle loi. </p>



<p>Personnellement, je suis très réservé
sur ces lois mémorielles. C’est aux historiens de parler d’histoire, pas à la
loi. D’ailleurs Simone Veil, elle-même, y était opposée.</p>



<p><strong><em>Oui, mais il y a des caricatures qui
sont offensantes !</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>C’est dans la nature même de la
caricature d’offenser et de faire réagir. Et ce qui m’inquiète dans vos
générations, et qui n’existait pas à mon époque, c’est la <em>cancel culture</em>,
c’est l’idée qu’il ne faut être offensé par rien. On se regroupe en
communautés, religieuse, ethnique ou sexuelle, on reste entre soi, et on refuse
de se confronter aux idées de l’autre. C’est extrêmement réducteur. La beauté
de la vie, c’est l’autre, c’est la diversité. Je ne suis pas que blanc, que
croyant ou de telle sexualité. Ce n’est pas ça l’identité : d’abord je suis
intelligent ou pas, j’ai de l’humour ou pas. On a mille choses en soi. </p>



<p>Avec la <em>cancel culture</em>, les
femmes devraient rester entre femmes, les hommes entre hommes, les blancs entre
blancs, etc. Notre identité est multiple et elle évolue au cours de la vie. </p>



<p><strong>Oui, mais parfois, il y a des femmes
qui préfèrent rester entre femmes parce qu’elles sont mal à l’aise à côté des
hommes. Et certains hommes préfèrent rester entre eux par respect envers la
femme….</strong><strong></strong></p>



<p>Le respect, c’est de parler à l’autre
comme à soi-même, qu’on soit un homme, une femme, et quelles que soient sa
couleur de peau ou sa religion. Quand je regarde votre professeure, c’est une
femme ok, mais je ne vois pas ça au premier abord. Je cherche déjà à savoir si
elle est sympathique. Je ne vais pas faire de différence parce que c’est une
femme. Se dire qu’il faut rester entre soi pour être respectueux, c’est induire
qu’on ne serait pas respectueux de l’autre parce qu’il est différent. </p>



<p><strong><em>Chez les musulmans, la mixité n’est
pas permise…</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p>Pas chez tous les musulmans. Il ne
faut pas faire de généralité. Des musulmans, j’en connais de mille croyances et de
natures différentes. La
non-mixité signifie que l’on fait une différence entre les hommes et les
femmes. Il n’y
a, par exemple, rien dans le Coran qui impose à la femme de se voiler. Le voile
a été inventé par les
hommes, peut-être parce qu’ils se méfient d’eux-mêmes et que les femmes peuvent
avoir à les craindre.</p>



<p>La non-mixité existe aussi chez les
Juifs orthodoxes et je les combats de la même manière, pacifiquement, car c’est
aller contre la diversité, c’est réduire un être humain à son genre. </p>



<p>La laïcité est le fruit de
l’universalisme : elle investit sur tout ce qui nous rassemble, pas sur ce qui
nous différencie. Dans la vie collective et publique, on est tous égaux, quels
que soient notre sexe, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau, notre
religion. Il y a plus de 6 000 divinités dans le monde auxquelles les êtres
humains croient. S’il faut respecter tous les dogmes de toutes ces religions,
on n’est pas sortis de l’auberge ! La laïcité permet à chacun de croire en la
divinité de son choix, de respecter les dogmes de son choix dans la sphère
privée. Si vous ne voulez pas de mixité chez vous, c’est votre droit. Je n’ai
pas à vous dire comment vous devez vivre. En revanche, dans la sphère publique,
on a tous les mêmes devoirs et les mêmes droits, c’est cela l’adhésion aux valeurs
républicaines.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une journée au tribunal avec Christophe Raumel et une vice-procureure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 12:12:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dessinezcreezliberte.com/?p=21496</guid>

					<description><![CDATA[<p>6 octobre 2020 DCL emmène le groupe de lycéens entendre l’audition de Christophe Raumel, accusé d’avoir participé à l’achat des...</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/11/une-journee-au-tribunal-avec-christophe-raumel-et-une-vice-procureure/">Une journée au tribunal avec Christophe Raumel et une vice-procureure</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1088" height="566" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Christophe_Raumel_BOUCQ.jpg" alt="" class="wp-image-21494" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Christophe_Raumel_BOUCQ.jpg 1088w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Christophe_Raumel_BOUCQ-1024x533.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Christophe_Raumel_BOUCQ-768x400.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1088px) 100vw, 1088px" /><figcaption>Christophe Raumel, procès des attentats de janvier 2015 © Boucq pour Charlie Hebdo, septembre 2020.</figcaption></figure>



<p><strong>6 octobre 2020</strong></p>



<p>DCL emmène le groupe de lycéens entendre l<a href="https://charliehebdo.fr/2020/10/proces-attentats/proces-des-attentats-de-janvier-2015-vingt-sixieme-jour-christophe-raumel/">’audition de Christophe Raumel</a>, accusé d’avoir participé à l’achat des armes et du matériel fournis à Amedy Coulibaly pour les attentats de Montrouge et de l&#8217;Hyper Cacher. Il est le seul à ne pas être poursuivi avec une qualification terroriste. Il est accusé d&#8217;association de malfaiteurs et comparaît libre. Termes techniques, niveau de langage, appréhension du témoignage, réquisitoire, questions des parties civiles, défense, déposition, etc., après un temps d’échanges quant à l’interrogatoire de Raumel, les médiatrices de DCL organisent une rencontre avec Marion Hebert, vice-procureur de la République auprès du parquet de Paris.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Première question de la salle : <em>“</em><em>Comment doit-on vous appeler ?</em><em>” </em>Réponse de l’intéressée: <em>“</em><em>Pas de Ma</em><em>î</em><em>tre, mais Madame la procureure. Et en
France, on ne dit pas non plus Votre Honneur (l</em><em>’</em><em>item ayant </em><em>é</em><em>t</em><em>é suggé</em><em>r</em><em>é</em><em>, ndlr), surtout pas !</em><em>” </em>Elle ajoute : “<em>Vous </em><em>ê</em><em>tes venus deux fois au tribunal ? C</em><em>’</em><em>est dr</em><em>ô</em><em>lement important, c</em><em>’</em><em>est une vraie d</em><em>é</em><em>marche, racontez-moi un peu, c</em><em>’</em><em>est un super projet</em><em>”</em><em>.</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Et
de raconter et d’expliquer
elle-même
ensuite le fonctionnement du parquet, ses divisions spécialisées, le rôle de procureur, des juges, et de répondre aux questions de l’auditoire.</li></ul>



<p><em>“</em><em>Les magistrats n</em><em>’</em><em>appartiennent pas au minist</em><em>è</em><em>re de la Justice, ils sont ind</em><em>é</em><em>pendants, avec un statut particulier</em><em>”</em><em>,</em> dit-elle, soulignant le principe de l’indépendance de la justice.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="652" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_Rencontre_procureure_6octobre2020.jpg" alt="" class="wp-image-21515" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_Rencontre_procureure_6octobre2020.jpg 1280w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_Rencontre_procureure_6octobre2020-1024x522.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_Rencontre_procureure_6octobre2020-768x391.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL_Rencontre_procureure_6octobre2020-1100x560.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption>Rencontre avec Marion Hebert, vice-procureure, 6 octobre 2020. </figcaption></figure>



<ul class="wp-block-list"><li>Les études nécessaires pour devenir procureur ? <em>“Il faut faire l’ENM (Ecole Nationale de la Magistrature), un cycle de 35 mois environ, sur concours mais avec beaucoup de possibilités d’accès selon les âges. Mais il faut faire du droit, ça c’est sûr ! Ensuite, on nous apprend notre métier, très technique, et cela passe par l’apprentissage du code de procédure pénale. Ensuite, vous êtes affectés à une juridiction et il faut faire ses preuves : assister à des audiences, préparer des dossiers, préparer des procédures, etc. On vous forme, on ne nous lâche pas dans la nature du jour au lendemain. Ensuite, vous prêtez serment et puis ça roule, ou ça ne roule pas, mais en général, ça roule.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Quid du fameux marteau audible dans certaines séries ? <em>“En France, il n’y a pas de marteau. Tout simplement parce qu’on a décidé qu’il n’est pas utile. Notre parole suffit. Le marteau vient du droit anglo-saxon.</em>”</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Est-ce que le procureur mène l’enquête ? <em>“Oui, avec la police judiciaire, c&#8217;est-à-dire à la fois avec des policiers et des gendarmes. On la mène tellement que la police judiciaire est sous notre contrôle aussi.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Est-ce le procureur qui qualifie ? <em>“Oui, le juge d’instruction est saisi par notre qualification et il ne pourra se prononcer que sur cette dernière.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Marion Hebert rappelle également la particularité de la procédure orale aux assises : <em>“Tout doit être repris, vu, écarté. On reprend vraiment tout. C’est une protection de plus pour la défense, la société, le juge. En correctionnelle, cela se déroule autrement.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Elle définit le rôle de chaque acteur d’un procès et mentionne que toutes ces fonctions viennent de la loi, et donc du parlement : <em>“Il y a des textes, on n’invente rien, on ne fait pas joujou, Il ne faut pas croire ! (…) Tout cela est fixé par des règles, des normes. Et heureusement. Ce n’est pas nous qui les inventons, c’est le peuple français qui donne pouvoir aux députés et sénateurs pour voter la loi. C’est la loi qui dirige tout cela. Avec des imperfections, des difficultés de fonctionnement, et parfois des erreurs de notre part, hélas.” </em>Mais point de laxisme dans cette maison, chaque erreur est sévèrement sanctionnée par le Conseil Supérieur de la Magistrature, précise-t-elle.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Les lycéens apprennent que son métier correspond à un panel “énorme” de fonctions différentes : “<em>Si vous n’aimez pas du tout les flics, et bien vous n’irez pas au parquet, ça c’est sûr. Vous serez peut-être juge. Peut être juge des tutelles, juges pour enfant, en contact au maximum avec les familles. On peut donc passer de procureur au juge, du juge au procureur, ou encore demander une affectation à l’étranger. Cette mobilité est un réel avantage. J’ai eu trois métiers, d’abord juriste d’entreprise dans l’informatique, en France, aux USA et en Europe, ensuite, je suis devenue avocate au barreau de Paris et puis, magistrate. Tout est possible !</em> ”</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>La plus grosse peine qu’elle ait donnée ? <em>“Je n’ai pas donné ! J’ai requis 25 ans.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Est-ce que ce métier peut-être psychologiquement difficile ? <em>“Tous les jours. (…) Mais il faut faire son travail, nous sommes là pour protéger la société au nom de la société.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Les qualités requises pour devenir procureur ? <em>“De la technique, la volonté de progresser (d’abord parce que la législation va très vite), de la rigueur, vouloir aller au bout des choses. Mais on ne pousse pas la porte de la magistrature par hasard. C’est une vocation.”</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Le meilleur de son métier ? <em>“Quelqu’un qui a compris ce qu’il a fait et qu’on ne reverra plus jamais. Et on sait le reconnaître rapidement. Cela nous sauve de la noirceur.”</em></li></ul>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/11/une-journee-au-tribunal-avec-christophe-raumel-et-une-vice-procureure/">Une journée au tribunal avec Christophe Raumel et une vice-procureure</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rencontre avec Dominique Sopo, président de SOS Racisme, partie civile au procès de l’Hyper Cacher</title>
		<link>https://dessinezcreezliberte.com/2020/10/rencontre-avec-dominique-sopo-president-de-sos-racisme-partie-civile-au-proces-de-lhyper-cacher/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=rencontre-avec-dominique-sopo-president-de-sos-racisme-partie-civile-au-proces-de-lhyper-cacher</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 19:42:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Lorsqu’on lutte contre le racisme, si on a un problème avec les Juifs, c’est que l’on n’est pas antiraciste!&#160;» Dominique...</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/10/rencontre-avec-dominique-sopo-president-de-sos-racisme-partie-civile-au-proces-de-lhyper-cacher/">Rencontre avec Dominique Sopo, président de SOS Racisme, partie civile au procès de l’Hyper Cacher</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1754" height="1241" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles.jpg" alt="" class="wp-image-19714" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles.jpg 1754w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles-1024x725.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles-768x543.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles-1100x778.jpg 1100w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/D.SOPO-dessin-bulles-100x70.jpg 100w" sizes="auto, (max-width: 1754px) 100vw, 1754px" /><figcaption>Dominique Sopo, président de SOS Racisme par Coco.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">  «&nbsp;Lorsqu’on lutte contre le racisme, si on a un problème avec les Juifs, c’est que l’on n’est pas antiraciste!&nbsp;»</h2>



<p><strong>Dominique Sopo, président de SOS RACISME, est venu témoigner à la barre le 23 septembre au procès des attentats de janvier 2015. La veille, DCL organisait une rencontre avec ses lycéens. </strong></p>



<p>La séance du 22 septembre au lycée débute par une question : <em>«</em>&nbsp;l’association Dessinez Créez Liberté a été fondée par Charlie Hebdo et SOS Racisme. Pourquoi prendre part à ce projet pédagogique d’éducation à la caricature et à la citoyenneté ?<em>&nbsp;»</em></p>



<p>La réponse de Dominique Sopo est
limpide : «&nbsp;Charlie Hebdo est depuis toujours de tous les combats
anti-racistes et moi, je ne puis accepter que sur ces combats, on aille désigner
et accuser de racisme des personnes qui ne le sont pas et qui, même, luttent
contre ce phénomène.»</p>



<p>En 2007, Dominique Sopo, déjà, était
venu témoigner pour Charlie au procès dit «&nbsp;des caricatures&nbsp;», intenté
par la Grande Mosquée de Paris, l’Union des Organisations islamiques de France,
la Ligue Islamique mondiale, et gagné par l’hebdomadaire.&nbsp; </p>



<p>Les médiatrices de DCL, une fois
encore (la pédagogie c’est la répétition !), montrent la «&nbsp;une&nbsp;» de
Cabu du 8 février 2006, titrée «<em>&nbsp;Mahomet débordé par les intégristes&nbsp;</em>»
avec un Mahomet dépité déclarant : «&nbsp;<em>C’est dur d’être aimé par des cons
!&nbsp;</em>». Les «&nbsp;cons,&nbsp;» évidemment, ce sont «&nbsp;les intégristes&nbsp;».
Dominique Sopo se souvient : «&nbsp;Cabu parlait très clairement des intégristes. C’était écrit
dans le dessin. Mais certains ont manipulé l’image volontairement, en effaçant une
partie du titre afin de fabriquer et d’entretenir une confusion : critique de
l’islamisme
et incitation à la haine envers les musulmans.<em>&nbsp;»</em><em></em></p>



<p>Bien que tronquée, cette «&nbsp;une&nbsp;»
avait largement circulé. <em>« </em>Quand quelque chose circule, insiste
Dominique Sopo, il faut toujours vérifier la source d’information. A l’heure
des réseaux sociaux où les
phénomènes d’emballement
sont démultipliés, il faut toujours se demander à quoi l’on participe. Est-ce que je participe à
un débat ? À une folie du moment ? À une opération dans laquelle je suis entraîné sans la comprendre ?
À rendre plus intelligente la société dans laquelle j’évolue ? Il faut être
exigeant. Dans un monde où nous
sommes sommés de réagir tout le temps et tout de suite,
c’est
toujours important de prendre du recul et de ne pas se laisser entraîner dans
de bien mauvais combats<em>.&nbsp;»</em><em></em></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="876" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL-intervention-D.SOPO_-2048x876.jpg" alt="" class="wp-image-19713" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL-intervention-D.SOPO_-2048x876.jpg 2048w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL-intervention-D.SOPO_-1024x438.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL-intervention-D.SOPO_-768x329.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/DCL-intervention-D.SOPO_-1100x471.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /><figcaption>Intervention DCL: les lycéens rencontrent Dominique Sopo</figcaption></figure>



<p><strong>À la question, «&nbsp;pourquoi SOS
Racisme s’est-elle constituée partie civile au procès des attentats de janvier
2015 ?&nbsp;»,</strong>
son président précise : «&nbsp;L’objet de l’association dans ses statuts n’est
pas de défendre la liberté de la presse &#8211; nous sommes pour évidemment, mais ce
n’est pas notre mission. En revanche, nous luttons contre le racisme, l’antisémitisme,
les discriminations et la xénophobie, et ils se trouve que les attentats de l’Hyper
Cacher sont antisémites puisqu’ils sont perpétrés en raison de l’identité juive,
réelle ou supposée, des personnes qui s’y trouvaient. Nous nous portons donc
partie civile associative pour rappeler en quoi ces attentats viennent
perturber, profondément, le lien social. Lorsqu’on franchit des lignes rouges,
tuer des Juifs parce qu’ils sont juifs ou supposés l’être, on brise de
terribles tabous. Le racisme et l’antisémitisme attaquent les sociétés en profondeur
et mettent en danger des personnes ou des groupes de personnes. »</p>



<p><strong>Les médiatrices de DCL, faussement
candides, interrogent : «&nbsp;Racisme, antisémitisme… Pourquoi deux mots
distincts ?</strong>&nbsp;»</p>



<p>Dominique Sopo répond :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Parce que la France, et l’Europe, ont une histoire bien particulière : celle de la Shoah et, auparavant, celle d’une longue histoire de pogroms.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Parce que le racisme est souvent fondé sur une différence visible, l’antisémitisme, non, c’est le rejet de quelque chose qu’on ne peut pas repérer. On entend souvent : «&nbsp;les Juifs sont partout ! Ils dirigent le monde ! ils sont solidaires entre eux&nbsp;». Mais pourquoi peut-on dire qu’ils sont partout ? Parce qu’on ne les voit nulle part d’une certaine façon. On ne dit pas des Noirs qu’ils sont partout et qu’ils dirigent le monde! Le Juif, c’est celui qui est parmi nous mais on ne sait pas où il est. Il y a toujours quelque chose de paranoïaque dans l’antisémitisme. Et la figure du Juif est utilisée dans les logiques de bouc émissaire. </li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Assumer «&nbsp;racisme&nbsp;» et «&nbsp;antisémitisme&nbsp;» permet aussi de clarifier certaines positions : si l’on se réclame de l’antiracisme mais que l’on a un problème avec les Juifs et l’emploi du mot «&nbsp;antisémitisme&nbsp;», c’est que l’on n’est pas antiraciste. Une logique de haine est une logique de haine, qui, si elle se déploie, peut entraîner la destruction de groupes de population. </li></ul>



<h2 class="wp-block-heading"> </h2>
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		<item>
		<title>Reportage d&#8217;Alice</title>
		<link>https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/reportage-dalice/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=reportage-dalice</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2020 12:31:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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<p></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1939" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1470-15-Alice-DCL_projet_proces-2048x1939.jpg" alt="" class="wp-image-19700"/><figcaption>Intervention DCL dans un lycée francilien ©Alice pour Charlie Hebdo, paru dans le numéro 1470 du 23 septembre 2020.</figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>In Process</title>
		<link>https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/in-process/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=in-process</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2020 10:28:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>11 septembre 2020 Le groupe de lycéens venu assister au procès des attentats de janvier 2015 au tribunal de Paris...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1270" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/FullSizeRender-2048x1270.jpg" alt="" class="wp-image-19681" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/FullSizeRender-2048x1270.jpg 2048w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/FullSizeRender-1024x635.jpg 1024w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/FullSizeRender-768x476.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/FullSizeRender-1100x682.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /><figcaption>Au tribunal le 11 septembre 2020. </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">  11 septembre 2020</h2>



<p></p>



<p> Le groupe de lycéens venu assister au procès des attentats de janvier 2015 au tribunal de Paris débriefe, avec les médiatrices de Dessinez Créez Liberté (DCL), les audiences du matin dédiées aux témoignages des proches des victimes de Charlie Hebdo.</p>



<p>Assis dans une petite
salle du palais, loin du brouhaha de la salle des pas perdus, qu’ont-ils à dire de cette matinée ?&nbsp;</p>



<p>D’abord silencieux, masqués et distanciés, ils n’en sont pas moins émus : </p>



<ul class="wp-block-list"><li>«&nbsp;<em>C</em><em>’</em><em>est le proc</em><em>è</em><em>s de gens qui sont morts pour rien. C</em><em>’</em><em>est grave!</em>&nbsp;»</li><li>«<em>&nbsp;On dirait que le président de la cour ne ressent
rien du tout.</em> »</li><li>« <em>Est-ce que les avocats vont parler aussi ?</em>&nbsp;»</li><li>«&nbsp;<em>Quand les familles ont appris l’assassinat de
leur proche, on dirait qu</em><em>’</em><em>elles n</em><em>’</em><em>ont pas du
tout vécu la même histoire.</em> »</li></ul>



<p>Interrogés sur d’éventuels
souvenirs liés à cette date du 11 septembre, commémorant les quatre
attentats-suicide perpétrés aux Etats-Unis en 2001, une réponse tout à fait
spontanée nous fait définitivement basculer, nous les adultes, du côté de l’âge mûr : <em>«&nbsp;Mais on n’était pas nés !&nbsp;».</em></p>



<p>S’ils n’étaient pas nés lors de l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, ils n’étaient pas non plus bien grands les 7, 8 et 9 janvier 2015. Charlie Hebdo, Montrouge, Hyper Cacher, c’était un peu loin, presque une fiction à la télé : <em>« quand je suis arrivée devant le tribunal,</em> explique une élève, <em>j’ai réalisé que tout ça n’était pas un film, mais que c’était bien la réalité »</em>. Un élève ajoute : <em>« On a de la chance de suivre ce procès historique »</em>.</p>



<p>«&nbsp;Cour d’assises spéciale&nbsp;»,
«&nbsp;débat contradictoire&nbsp;», «&nbsp;présomption d’innocence&nbsp;», «&nbsp;parties civiles&nbsp;» mais aussi «banalité
du mal&nbsp;», ou encore «archives historiques de la justice&nbsp;»,
sont autant de notions nouvelles que ces jeunes gens découvrent et comprennent «&nbsp;sur
le tas&nbsp;» avec l’aide de DCL,
sous l’œil
bienveillant et enthousiaste de leur professeure. Un procès historique et hors-norme,
tout autant pédagogique, donc. </p>



<p>Sur le carnet que l’établissement leur a offert, les lycéens apprennent aussi à prendre des notes. Ils ont retranscrit les témoignages « <em>parce que c’est le souvenir et la mémoire de quelqu’un qui a perdu un être cher. C’est important. </em>» insiste un élève.  Que vont-ils faire de ces notes?  <em>« J’aimerais les montrer. Pour transmettre. » </em>dit l’un. <em> </em>« <em>Moi je ne sais pas, j’ai trop peur d’avoir mal retranscrit ces mots. Je n’ai pas envie de les trahir </em>», s’inquiète un autre.</p>



<p>L’après-midi, les
audiences reprennent avec de nouveaux témoignages bouleversants jusqu’à ce que
le président de la cour donne la parole aux accusés. Deuxième débrief, nous retournons dans la petite salle feutrée : </p>



<ul class="wp-block-list"><li><em>«&nbsp;c’est une grosse journée, quand même!&nbsp;</em>»</li><li><em>«&nbsp;Dans les médias, il y a parfois trop d</em><em>’</em><em>infos
inutiles en boucle qui empêchent les vraies, qui comptent vraiment, d’être dans
la lumi</em><em>è</em><em>re&nbsp;»</em>.</li></ul>



<p>La séance se poursuit&nbsp; : «&nbsp;Liberté, égalité, fraternité&nbsp;», «&nbsp;valeurs&nbsp;», «&nbsp;engagement&nbsp;», etc., ces principes ont-ils un sens pour eux? Ont-ils envie de se battre pour quelque chose ? «&nbsp;<em>Pour notre avenir, mais aussi pour vivre égaux, tous, avec les mêmes règles</em>&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1395" height="1771" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/118733383_3650481024975009_8936267968632152906_o.jpg" alt="" class="wp-image-19683" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/118733383_3650481024975009_8936267968632152906_o.jpg 1395w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/118733383_3650481024975009_8936267968632152906_o-807x1024.jpg 807w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/118733383_3650481024975009_8936267968632152906_o-768x975.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/118733383_3650481024975009_8936267968632152906_o-1100x1396.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1395px) 100vw, 1395px" /><figcaption>Charlie Hebdo n° 1467, une du 2 septembre 2020.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"> <strong>15 septembre 2020</strong></h2>



<p><strong> </strong>DCL organise une séance pédagogique au lycée autour de la une de Charlie Hebdo, de «&nbsp;l’affaire des caricatures danoises&nbsp;», de l’intégrisme religieux et du terrorisme islamiste, et discute avec les élèves de liberté de conscience et de laïcité, principe d’égalité et d’émancipation de tous. <em>«&nbsp;En France, le délit de blasphème n’existe pas, on est citoyen avant d’être croyant : la loi protège des hommes, pas des mythes&nbsp;»</em>, concluent les médiatrices de l’association. </p>



<p>ALBK</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/in-process/">In Process</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les lycéens au tribunal avec DCL &#038; Alice de Charlie</title>
		<link>https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/les-lyceens-au-tribunal-avec-dcl-alice-de-charlie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-lyceens-au-tribunal-avec-dcl-alice-de-charlie</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 12:48:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dessinezcreezliberte.com/?p=19677</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/les-lyceens-au-tribunal-avec-dcl-alice-de-charlie/">Les lycéens au tribunal avec DCL &#038; Alice de Charlie</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1553" height="2048" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-04-Alice-Proces-DCL-1553x2048.jpg" alt="" class="wp-image-19676" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-04-Alice-Proces-DCL-1553x2048.jpg 1553w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-04-Alice-Proces-DCL-777x1024.jpg 777w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-04-Alice-Proces-DCL-768x1013.jpg 768w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1469-04-Alice-Proces-DCL-1100x1450.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1553px) 100vw, 1553px" /><figcaption>Les élèves au tribunal le 11 septembre avec DCL ©Alice pour Charlie Hebdo, 16 septembre 2020.</figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/les-lyceens-au-tribunal-avec-dcl-alice-de-charlie/">Les lycéens au tribunal avec DCL &#038; Alice de Charlie</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Procès des attentats de janvier 2015 : des lycéens se mobilisent pour un projet pédagogique exceptionnel</title>
		<link>https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/proces-des-attentats-de-janvier-2015-des-lyceens-se-mobilisent-pour-un-projet-pedagogique-exceptionnel/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=proces-des-attentats-de-janvier-2015-des-lyceens-se-mobilisent-pour-un-projet-pedagogique-exceptionnel</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[DCL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2020 08:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Projet Procès]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dessinezcreezliberte.com/?p=19640</guid>

					<description><![CDATA[<p>Charlie Hebdo, Montrouge, Hyper Cacher… Parce que le procès des complices présumés des attentats des 7,8 et 9 janvier 2015...</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/proces-des-attentats-de-janvier-2015-des-lyceens-se-mobilisent-pour-un-projet-pedagogique-exceptionnel/">Procès des attentats de janvier 2015 : des lycéens se mobilisent pour un projet pédagogique exceptionnel</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1425" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/1-010920-Boucq-20200901_17010561_Tribunal-2048x1425.jpg" alt="" class="wp-image-19643"/><figcaption>©Boucq, pour Charlie Hebdo 2020. Tribunal de Grande Instance de Paris.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"> <strong>Charlie Hebdo, Montrouge, Hyper Cacher…</strong> </h2>



<p><strong>Parce que le procès des complices présumés des attentats des 7,8 et 9 janvier 2015 est un procès historique et qu’il offre à des jeunes l’opportunité unique de découvrir de l’intérieur le fonctionnement de la justice et de débattre de problématiques citoyennes essentielles,&nbsp;</strong><em><strong>Dessinez Créez Liberté</strong></em><strong>&nbsp;s’est associée à un lycée de l&#8217;académie de Paris pour mener un projet pédagogique au long cours. <br></strong></p>



<p>Débuté avant la crise sanitaire avec une classe de seconde, ce projet avait permis aux élèves de suivre plusieurs séances préparatoires :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Médiations de l’exposition&nbsp;<em>#Jedessine.</em></li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Histoire de la caricature de l’Antiquité à nos jours.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Rencontre autour du croquis d’audience avec Juin, dessinateur à&nbsp;<em>Charlie Hebdo</em>.</li></ul>



<h4 class="wp-block-heading">                       Le dessinateur Juin à la rencontre de lycéens</h4>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="814" height="511" src="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Extrait-journal_lycee_dessin-et-intervention_Juin_mars2020.png" alt="" class="wp-image-19688" srcset="https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Extrait-journal_lycee_dessin-et-intervention_Juin_mars2020.png 814w, https://dessinezcreezliberte.com/wp-content/uploads/2019/11/Extrait-journal_lycee_dessin-et-intervention_Juin_mars2020-768x482.png 768w" sizes="auto, (max-width: 814px) 100vw, 814px" /><figcaption>Extrait du journal du lycée, dessin et intervention du dessinateur Juin, en mars 2020.</figcaption></figure>



<p>Les élèves ont travaillé sur le thème de la liberté d’expression, réalisé des productions (articles et dessins parus dans le journal du lycée<em>, c</em>apsules sonores enregistrées à&nbsp;<em>Radio Clype</em>) et remporté le 1er prix de la Radio Lycéenne pour la classe, dans le cadre du&nbsp;<a href="https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_2047447/palmares-mediatiks-paris-2020">concours académique&nbsp;<em>Médiatiks 2020</em></a>).</p>



<p>En raison du confinement et du report du procès, le projet a dû s’arrêter. Désormais, la grande majorité des élèves de cette classe poursuit sa scolarité dans d’autres établissements, mais une poignée d’élèves volontaires répartis dans différentes classes de 1ère du lycée, a décidé, en accord avec leurs parents et leurs enseignants, de poursuivre l’aventure dès la rentrée.</p>



<p>Au programme :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Des séances au tribunal pour suivre en direct les audiences de ce procès hors norme qui se tient du 2 septembre au 10 novembre 2020.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Des rencontres avec des dessinateurs, des journalistes, des parties civiles, des avocats et des professionnels de la justice.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Des revues de presse hebdomadaire.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>Des sessions pédagogiques autour du dessin de presse satirique et des thématiques abordées aux audiences (le terrorisme et la radicalisation, la liberté de conscience, l’égalité et la laïcité, le racisme et l’antisémitisme, les médias et la presse judiciaire).</li></ul>



<p>Cette année encore, l’expo&nbsp;<em>#Jedessine</em>&nbsp;est présentée au CDI du lycée et des médiations sont organisées pour les&nbsp;classes qui le souhaitent.</p>
<p>L’article <a href="https://dessinezcreezliberte.com/2020/09/proces-des-attentats-de-janvier-2015-des-lyceens-se-mobilisent-pour-un-projet-pedagogique-exceptionnel/">Procès des attentats de janvier 2015 : des lycéens se mobilisent pour un projet pédagogique exceptionnel</a> est apparu en premier sur <a href="https://dessinezcreezliberte.com">Dessinez Créez Liberté</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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